Tim Willocks - La Religion

Publié le par Dollmeat

Il m'aura fallu à peine plus de deux semaines pour venir à bout de ce mastodonte de la littérature. Mastodonte : voici un mot qu'on utilise pas souvent. Pourtant, c'est ce qui caractérise ce livre excellent de 850 pages. La Religion a déjà été chroniquée sur plusieurs blogs et couvertes d'éloges, la mienne ne fera rajouter qu'une voix à l'affirmation que ce livre est un chef d'oeuvre. Je n'avais pas encore fini le livre que je savais qu'il avait déjà droit à sa place dans mon palmarès du meilleur de mes lectures en 2009.

 Jamais le roman historique ne m'a attirée, le moyen-âge ou la rennaissance, pas mon truc. Il aura fallu la lecture de Bad City Blues du même auteur et les quelques autres chroniques de La Religion pour m'avouer convaincue.

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Revenons à l'histoire. 1565, le sultan Soliman le Magnifique déclare la guerre aux chevaliers de l'ordre de Malte. Ici débute un des plus grands sièges que l'Histoire ait connu. Dans le même temps, un allemand du nom de Mathias Tannhauser, accompagné d'un anglais un peu brute, du nom de Bors, se voit confier une mission périlleuse par une comtesse : retrouver son fils qu'elle n'a pas vu depuis le jour de la naissance et qui vit à Malte. Vous rajoutez un inquisiteur qui vient mettre son nez là dedans et avez tous les élements principaux de l'intrigue.

Dès les premières lignes, on est absorbée par le livre. Le prologue, en quelque pages nous fait découvrir le personnage principal d'une manière qui fait qu'on s'y attache directement. Tim Willocks racontant  l'histoire du point de vue de tous les personnages, les personnages sont tous très fouillées et on ne peut que s'y attacher. Qu'ils s'agissent de Mathias - qui entre les chrétiens et les musulmans ne choisit son camp selon ses arrangements ou Amparo - jeune fille à la beauté asymétrique qui semble toujours au dessus de l'horreur de la guerre.
La guerre. Elle occupe une très grande part dans ce livre, où elle est montrée dans toute son horreur. Les têtes sont décapitées, les entrailles gisent sur le sol, les corps hachés menues et les agonisants meurent dans la merde et dans le sang de leur compatriotes et ennemis. Et puis au milieu de ces déchets, il y a de l'amour qui amène des pages de tendresse magnifique.

Enfin, dans ce livre, il y a l'écriture. Une écriture magnifique. Bien que je sois une lectrice plutôt assidue, je n'ai jamais été bonne en cours de français, mais je pense que ce genre d'écriture est ce que l'on qualifie d'épique. Si Bad city blues, le style était plus brut, plus haché. Dans La religion, il est mélodique.

Mais n'oublions pas que malgré son écriture magnifique, La Religion est avant tout un roman noir. Certes historique, mais noir également. Je me suis demandée où mettre ce livre dans les catégories. Tout d'abord, l'idée m'est venue de le mettre dans polars britanniques ou irlandais. Mais finalement non, il ira dans les romans. Ce livre est tellement bon qu'il ne mérite pas de rester dans une catégorie "policiers". Tout le monde devrait lire La Religion qu'on aime les polars ou pas.

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Shanaa 29/09/2010 12:46


850 pages? Un pavé :) Merci beaucoup je ne le connaissais pas, je n'ai pas trouvé beaucoup de Willocks à Gibert jeune mais cet auteur m'attire vraiment.


Fraca14 30/04/2010 12:44


Salut ! je viens te saluer . J'ai peut de chose à écrire sur ce roman. Puisque ton texte fort interssant en parle très bien. invite déjà les lecteur a se procurer le roman.

Je repasserai de temps a autre voir tes lectures du moment.


Ys 21/12/2009 12:51


Ton billet confirme tout ce que j'ai lu à propos de ce roman : historique, épique, noir, et certainement très marquant. Mastodonte noté et souligné !